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Le maïs, un appât économique pour la pêche au feeder

S’il est un appât facile à trouver, à utiliser et qui, sans ruiner le budget, a de tout temps fait la preuve de son efficacité, c’est bien le maïs. Jérémie Boissière notre spécialiste de la pêche au feeder nous livre ici ses conseils pour en tirer le meilleur parti.

Tous les pêcheurs au coup connaissent le maïs, esche pratique, économique et très calorique. Chez le détaillant, au rayon carpe, on trouve des mélanges de graines prêtes à l’emploi. Elles sont proposées cuites et pures ou mélangées avec d’autres (chènevis, blé, noix tigrée) dans un liquide sucré conservateur augmenté d’attractants divers. Ce maïs, qui ne nécessite donc aucune préparation, est certes adapté aux pêches de gros poissons (carpe, carassins) mais est souvent plus dur et plus grossier que le maïs doux destiné à l’alimentation humaine, que l’on trouve dans n’importe quel supermarché. Ce dernier, plus fin, plus tendre, cuit à la perfection et d’une couleur vive est en fait celui que je préconise pour pêcher le tout-venant. Il intéressera aussi bien un malheureux gardon de 50 g qu’une belle grosse tanche de 2 kg.

Le pole feeder, ouvert des deux côtés, est la forme parfaite pour apporter des grains de maïs sur son coup sans risque de les ramener et surtout de les éparpiller à chaque récupération.
Crédit photo : Jérémie Boissière

Un petit rinçage

Le liquide de conservation, riche en amidon, peut être utilisé pour finaliser le mouillage de son amorce. Attention, il faut savoir qu’en grosse quantité, il a tendance à coller et à nuager sur le fond. Je préfère rincer les grains avant utilisation et les conserver entièrement recouverts d’eau. La conservation est parfaite et cela évite d’avoir les doigts qui collent après chaque manipulation. Le maïs ainsi préparé peut servir pour l’eschage et l’amorçage.

Avec une amorce à base de farine de poisson, le maïs se suffit à lui-même pour cibler les gros poissons. 
Crédit photo : Jérémie Boissière

En purée

Un bon truc à connaître consiste à introduire d’entrée une boîte entière de maïs doux broyé en purée avec son jus dans l’amorce, juste après le mouillage. J’utilise pour cela un simple petit broyeur à herbes aromatiques. Au fond de l’eau, l’effet est surprenant : ça nuage, ça laisse des petits tronçons de peau jaune un peu partout, c’est volatil et ça ne gave pas les poissons. En outre, j’imagine que le grain proposé sur l’hameçon, bien entier lui, devient plus attractif encore aux yeux des poissons. J’utilise ce bon truc sur les parcours riches en poissons de tailles petite et moyenne. Une erreur assez courante consiste à verser des boîtes entières de maïs dans son amorce en début de séance, ce qui interdit tout dosage ultérieur. Mieux vaut garder un bac principal sans aucune esche, animale ou végétale, et transférer, de temps à autre, une petite quantité d’amorce dans un second bac, plus petit, à proximité sur la desserte.

Quelques grains de maïs doux bloqués avec un bouchon d’amorce dans un window feeder. C’est la combinaison parfaite en fin de saison pour ne pas gaver les poissons, ou pêcher loin ou en eau profonde.
Crédit photo : Jérémie Boissière

Au compte-gouttes

C’est dans celui-ci que l’on peut ajouter les esches au compte-gouttes et charger le feeder. Si vous ne connaissez pas le parcours, ajoutez 3 à 5 grains de maïs à chaque lancer, le double si vous ciblez les carpes et les carassins. Dans ce dernier cas, il faudra avoir amorcé le coup avec de gros feeders spécifiques et 100 à 300 g de maïs. En fonction de la fréquence des touches et de la quantité estimée de poissons sur le coup, on peut stopper ou au contraire augmenter ces apports de graines pour garder les poissons en appétit.

Boostez vos grains

Saupoudrer généreusement les grains de maïs préalablement essorés avec une amorce à base de farine de poisson est un très bon truc. On brasse le tout et on peut alors observer comme ils finissent par se rétracter au fur et à mesure que les farines sèches absorbent leur eau. Ces graines, enrobées de farine de poisson, deviennent hyper attractives, surtout quand on cible les carpes. On utilise les mêmes pour escher et amorcer.

Le broyeur manuel est un petit accessoire simple et bon marché mais quasi indispensable pour le pêcheur au feeder. Maïs, graines diverses, vers de terre, rien ne lui résistera ! 
Crédit photo : Jérémie Boissière

Le choix des feeders

La pêche au feeder permet de construire un coup dans la durée, avec de petits volumes d’amorce et d’esches. Il est donc nécessaire de pêcher avec précision dans une zone restreinte. Lorsque les gros poissons débarquent sur un tapis d’amorce et de maïs, les grains virevoltent en tous sens sur le fond et la table a tendance à s’élargir ! Il est donc important que ces grains de maïs soient immédiatement expulsés de la cage sur place après un aguichage, un ferrage ou tout autre manipulation. Ce critère intervient pour beaucoup dans le choix du feeder. Évitez les cages de type Rocket desquelles les grains trop gros ou trop serrés auront du mal à sortir et s’étaleront sur plusieurs mètres au fond de l’eau à chaque ramené. Le meilleur est sans aucun doute le pole feeder (dénommé aussi parfois weighted ended bottom feeder), en maille métallique fine, cylindrique et ouvert des deux côtés. Il se vide en effet dès qu’on le bouge. Seul inconvénient, il est très bruyant à l’impact en surface. Un feeder classique, à plombée latérale, offre à peu près les mêmes avantages. En outre, dans un courant, cette plombée l’empêche de rouler sur le fond. Dans les deux cas, optez pour une bonne taille, medium au minimum, pour assurer une distribution suffisante.

Jérémie peut mixer une boîte de maïs doux assez intensément, jusqu’à obtenir une parfaite purée jaune et onctueuse qu’il intègre ensuite à son amorce. 
Crédit photo : Jérémie Boissière

L'eschage

Attirer les poissons avec des graines sous-entend bien entendu d’utiliser les mêmes sur l’hameçon. L’eschage le plus courant, celui qu’utilisent les pêcheurs à la grande canne, consiste à piquer le grain directement sur l’hameçon. Enfilé sur la hampe, pour plus de discrétion, ou en travers par le haut pour libérer une partie de la pointe face à des poissons peu méfiants. Le grain est aspiré en même temps que le crochet. Sur des poissons méfiants, en revanche, carpes et carassins notamment, le poids du duo graine-hameçon peut gêner une bonne aspiration ce qui entraîne de nombreux ratés au ferrage ou décrochages. En compétition, où cette seule façon d’escher est autorisée, une astuce consiste à presser un grain entre deux doigts afin d’en sortir la pulpe et de simplement piquer la peau restante. L’ensemble, bien plus léger et mobile sur le fond, peut duper un poisson méfiant.

Face à des poissons méfiants, le montage au cheveu est de loin le mode d’eschage idéal. 
Crédit photo : Jérémie Boissière

Au cheveu

Le montage au cheveu, développé jadis par les carpistes, rencontre un franc succès auprès des pêcheurs au feeder. Il implique d’utiliser un hameçon à œillet duquel, au montage, on laisse dépasser un brin de nylon où on fixe un push-stop, un petit bout de plastique que l’on fait passer au travers du ou des grains de maïs à l’aide d’une aiguille spéciale. C’est simple et rapide. En adaptant la longueur du cheveu, on peut ainsi enfiler 1, 2, 3 (voire plus) grains de maïs sans encombrer l’hameçon. Le poisson, en aspirant le tout, ne se méfie pas, l’hameçon suit et pique bien mieux dans la lèvre.

Pour installer un bel amorçage de départ, assez important en volume, en rivière notamment, un très gros feeder ouvert des deux côtés est la cage idéale. 
Crédit photo : Jérémie Boissière

Le bouchon d'amorce

Pour amorcer un coup à carpes ou déposer des graines avec très peu de farines, le bouchon d’amorce est la solution. Il suffit de déposer une bonne quantité de graines dans une petite cavité ménagée au cœur du bac d’amorce. On pousse alors ces graines bien au milieu du feeder en laissant un centimètre de vide de chaque côté et on enferme le tout avec une petite quantité d’amorce tassée de part et d’autre pour bien bloquer les graines. Certaines cages spécifiques sont intéressantes ici: window feeders (taille large), feeders dômes ou en forme de cloche, fermés d’un côté, ne nécessitent en effet qu’un seul bouchon d’amorce à serrer.

L’eschage d’un grain de maïs doux, assez fragile, doit être effectué méthodiquement afin de bien dégager la pointe
Crédit photo : Jérémie Boissière

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